Potier, un métier d’AMORE par Antonio Lampecco

REFLEXIONS, GRATITUDE et #jesuisartisan

❤️❤️❤️C’est un des plus beaux textes qui m’a été donné de lire sur mon métier ❤️❤️❤️.

Ce texte a été écrit par un grand portier que malheureusement 😢 je n’ai pas rencontré de son vivant. Mais j’aime croire qu’une partie de son énergie 🌟, de lui, était là, hier soir, à l’atelier lors qu’une élève m’a offert ce texte 😍.

Merci 🙏 à Josiane (une Dame au grand cœur💗) pour ce beau cadeau 🎁 et je pense qu’il n’y a pas de hasard dans la vie, ce texte est arrivé au moment où j’en avais le plus besoin 🌟.

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« Ne croyez pas que l’on devient potier en 15 jours, il vous faudra techniquement travailler de 10 à 15 ans. Il n’y pas de miracle, il faut travailler et encore travailler et encore et encore travailler. Car pour former un bon artisan, il faut beaucoup de temps, de travail, de ténacité, de patience et surtout « D’AMORE ». Il faut pouvoir sortir ce que l’on a en soi et l’exprimer avec beaucoup de cœur ; que votre pot soit un message d’honnêteté, de sérieux et qu’il soit aussi un produit de qualité. On ne se construit pas sur le mensonge et sur le bluff. Toutefois, il ne faut pas non plus trop calculer, mais faire jaillir sa spontanéité et à ce moment là seulement, le résultat sera payant.

Je n’aime pas non plus donner des illusions. Je commence d’abord par dire et montrer le beau et le merveilleux de mon métier et après, je vous raconte aussi la souffrance qui permet de devenir un bon artisan. Si un jour le potier pleure devant son four où tout est cassé, il faut avoir la force et l’AMOUR , nécessaire pour recommencer le lendemain. S’il n’a pas cela en lui, c’est qu’il n’a pas un beau pot dans le ventre et je me demande après 45 ans de métier, si une certaine souffrance n’amène pas à être meilleur et plus fort par rapport aux autres. N’oubliez pas qu’il faut aussi savoir, et le partager, et le défendre vis-à-vis des autres.

Les autres sont aussi toute notre richesse, il ne faut jamais se fermer à quelqu’un qui vient vers vous, même s’il n’est pas riche. N’ayez pas peur ou honte de demander conseil à celui qui a plus d’expérience que vous et n’oubliez jamais à l’occasion de rendre ce conseil à celui qui en a besoin. Quand on donne, c’est un plaisir que l’on se fait, un enrichissement.

Ceci est ma vision de ce beau métier qui sera peut-être le vôtre et ayant souffert jeune pour l’acquérir, je m’engage à vous transmettre ma passion que vous devez pratiquer avec le plus de cœur et d’amour possible. Si vous ne réussissez pas à faire passer ce message, même si vous êtes reconnu bon artisan, je considère que votre mission n’est pas accomplie. Pour cela, il faut une bonne entente entre vous et moi. C’est pourquoi, je souhaite d’abord un contact et une conversation avec chaque stagiaire, et nous pourrons alors effectuer un stage de qualité.

En conclusion, je dirais : une grande sensibilité dans les mains et plus encore dans le cœur est nécessaire pour faire une belle céramique, de même qu’une recherche constante dans les formes. Pour mois, un bon artisan est dans la vie une personne simple, reproduisant dans ses œuvres ce qu’il ressent en lui-même. Le métier d’artisan doit faire partie intégrante de la vie »

Antonio Lampecco, potier.

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